Améliorer l'accès aux plages

L’amélioration de l’accès aux plages constitue aujourd’hui un défi majeur à relever pour les collectivités littorales qui cherchent à concilier fréquentation et préservation de l’environnement, sécurité des personnes, amélioration du niveau de service et de confort.

Depuis 2010, les opérations de réaménagement des plages se sont multipliées en Nouvelle-Aquitaine. Reconnues comme prioritaires par le partenariat littoral réuni au sein du GIP littoral au regard de leur rôle dans la destination, les plages représentent aussi un enjeu territorial majeur. Pour répondre aux attentes de l’ensemble des usagers, il est devenu nécessaire de renouveler et de repenser le fonctionnement de ces espaces naturels et fragiles, aménagés dans les  années 80. Les modes d’accès et la proposition de solutions alternatives à la voiture, l’amélioration de l’offre de services au regard des usages qui s’y déploient constituent le cœur de cette politique régionale.

Les plages les plus proches des agglomérations, grands espaces de nature sauvage si caractéristiques du littoral de Nouvelle-Aquitaine, constituent des secteurs récréatifs largement plébiscités par les populations urbaines de proximité et pour certaines plages les plus proches des agglomérations, la fréquentation a aujourd’hui atteint des niveaux interrogeant la capacité d’accueil de ces espaces naturels.  

Cette problématique locale a engendré un certain nombre de questions auprès des membres du GIP : quelle est la fréquentation réelle sur les plages ? comment gérer au mieux les pics de fréquentation, voire les limiter ? peut ‘on envisager des reports d’une plage à l’autre ? Ces questions ont poussé les membres du GIP littoral a lancé une action globale poursuivant un double objectif : mesurer la fréquentation des plages d’une part ; utiliser cette donnée (et d’autres) pour développer des offres de services permettant d’optimiser la fréquentation d’autre part.

Connaitre la fréquentation sur les plages - Principaux enseignements 

18 capteurs détectant les ondes Wifi ont été installés du 26 juin au 16 octobre 2017 (le fonctionnement des capteurs en vidéo). Ils ont été complétés de 49 survols de drônes en variant les heures, les conditions météo et la saison pour consolider un ratio permettant de convertir les signaux Wifi en nombre de personnes. Une extrapolation sur 152 zones de baignade sur les 3 départements de Gironde, des Landes et des Pyrénées Atlantiques s’appuyant sur une typologie de sites océaniques et lacustres prenant en compte la pression métropolitaine/touristique, ainsi que la configuration géographique des plages a été réalisée. Un protocole conforme CNIL, respectant la vie privée

Pour effectuer le redressement statistique sur les 152 plages, à partir des 18 sites étudiés, la société ANTS a élaboré un algorithme qui s’appuie sur plusieurs facteurs.

  • Des facteurs liés au calendrier qui comptent pour 50% dans la prédiction :  vacances, week end, haute saison/aile de saison, heure...
  • Un facteur majeur lié à la météo qui compte pour 25% dans la prédiction.
  • Enfin, les caractéristiques des plages comptent pour 25% : configuration touristique des sites (proximité de campings, de commerces, capacité d’accueil sur le territoire...), localisation des sites et configuration des plages (nature urbaine ou lacustre des sites...).

Les principaux résultats :

  • La fréquentation a été estimée à plus de 10 millions de visiteurs sur la période d’étude.
  • Quelque soit la saison, c’est sur les plages urbaines que les fréquentations sont les plus fortes. En revanche, on remarque que même sur les ailes de saison, des plages considérées comme peu soumises à une  fréquentation des populations de proximité conservent une fréquentation importante.
  • L’année 2017 ayant été particulière en terme de météo (des pics de chaleur réguliers mais des week ends en haute saison et ailes de saison plutôt décevants), il est légitime de se demander qual aurait été l’impact de conditions météo plus classiques. Ainsi, en simulant une augmentation artificielle de 3°C sur chacune des plages, on constate une augmentation très importante de l’ordre de 35% sur l’affluence.

Les partenaires de ce projet sont l’ensemble des membres du GIP Littoral, accompagnés (financièrement) par l’Europe, la Région Nouvelle Aquitaine, la Caisse des Dépôts et Consignations et l’ONF. Pour réaliser les premières étapes, le GIP littoral a été accompagné par la société Ants, dont les principales compétences sont la conception de modèles prédictifs, le traitement de très grands flux de données et le développement de capteurs intelligents.

               

L'enquête "Les Bordelais et la Plage" 

Une enquête menée auprès des métropolitains a également mis en avant des habitudes très marquées des usagers de proximité (heures de départ et de retour de la plage, sites fréquentés-connus, modes d’accès…). Ainsi, les 2/3 des personnes interrogées se rendraient sur un secteur délimité entre Lège et Lacanau, et ne connaitraient finalement que peu la diversité de « l’offre plages » du territoire. Enfin, les 3/4 des personnes interrogées indiquent dans cette même enquête, avoir déjà renoncé à se rendre à la plage par crainte des embouteillages, et c’est ce qui a poussé les communes littorales à tester une offre de services innovante s’adressant en premier lieux aux clientèles de proximité en vue d’optimiser les flux vers la plage. 

Une Stratégie d’accueil pour les plages de Gironde soumises à la pression métropolitaine bordelaise

Les 3 communes de Lacanau, du Porge et de Lège Cap Ferret sont toutes engagées dans une démarche de réaménagement durable de leurs plages. Ces démarches ont amené ces 3 collectivités, en coopération avec le GIP Littoral,  a dressé des constats communs sur la fréquentation de leurs plages : 

  • La fréquentation des métropolitains s’accroit en nombre et sur une période élargie ;
  • Elle génère des problématiques de sur-fréquentation sur certaines plages et/ou axes routiers sur des périodes élargies ;
  • La gouvernance et les configurations territoriales spécifiques de chaque site ont conduit certaines collectivités à adopter des plans d’aménagement ne prenant pas en compte les effets reports d’un site sur l’autre ;
  • Malgré des positionnements différents, des orientations communes ont été prises et ne sont pas valorisées : accent mis sur les offres alternatives à la voiture, gestion des déchets… ;
  • Une absence de communication globale auprès des usagers de proximité et peu d’échanges sur ces questions avec la Métropole Bordelaise ;
  • Les plages sont fréquentées par une population nouvelle : de nouveaux comportements sont observés (en matière de baignade, d’environnement, d’usages, de pratiques sportives…) qui peuvent générer des problématiques de sécurité. 

 Sur cette base, elles ont souhaité s'associer à travers un groupement de commande pour mener une réflexion commune et prospective afin de définir une stratégie d'accueil commune intégrant pleinement le lien avec la Métropole bordelaise. La réflexion a été lancé au cours du 1er trimestre 2020.